: : Conférence des Chefs des Institutions Universitaires

Le jeudi 27 octobre 2011, s’est tenue dans la Salle des Actes de l’Université de Douala, une session ordinaire de la Conférence des Chefs des Institutions Universitaires Publiques du Cameroun, sous la Présidence du Professeur Bruno BEKOLO EBE, Recteur de l’Université de Douala et Président de ladite Conférence. Voici quelques résolutions de cette Instance.

Sur l’état d’exécution des Résolutions de la session de la CONCIUP du 16 septembre 2010

La Conférence rappelle l’importance et l’urgence de l’exécution du mandat confié aux Vice-Recteurs chargés des Enseignements, de la Professionnalisation et du Développement des TIC d’une part, et aux Vice-Recteurs en charge de la Recherche, de la Coopération et des Relations avec le Monde des Entreprises d’autre part ; la Conférence leur demande de produire le résultat de leur concertation au cours du mois de décembre 2011, délai de rigueur. Par ailleurs, la Conférence se réjouit des félicitations adressées aux Chefs des Institutions universitaires par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, et l’en remercie vivement.

Sur le bilan de l’année académique 2010/2011 et le point sur la rentrée 2011/2012

Au terme des exposés des Recteurs et Vice-Chancellors  relatifs au bilan de l’année académique 2010/2011 et à la rentrée 2011/2012, la Conférence relève le bon déroulement des activités académiques dans l’ensemble des Institutions Universitaires Publiques du Cameroun. EIle se félicite de ce que l’ensemble de la communauté universitaire nationale a apporté sa contribution au bon accomplissement des missions de l’Université, ainsi qu’au maintien d’un climat serein dans l’ensemble des campus au cours de l’année académique 2010/2011, et en ce début de l’année 2011/2012.

La Conférence relève aussi des exposés présentés par les Chefs d’Institutions, qu’il y a une dynamique enclenchée dans l’ensemble des universités d’Etat du Cameroun, laquelle se traduit par le fait qu’elles ont dépassé la phase de l’instant, de l’immédiat et de la survie, pour fonctionner en vitesse de croisière afin de remplir avec succès les missions classiques qui leurs sont confiées.

Cependant, il en découle l’urgence et la nécessité d’une projection de ces Institutions vers l’avenir, de ramener au premier plan la problématique de leur mission fondamentale d’appui au développement, tout en les interpelant à jouer leur rôle d’acteurs de transformation sociétale, garante d’un positionnement compétitif de notre pays sur la scène mondiale.

Cette projection stratégique implique évidement que les décideurs publics et la société aient la pleine conscience du rôle social de l’Université, définie par le Président de la République comme levier de développement, et d’en capitaliser l’apport autant que les universités constituent l’instrument essentiel pour donner corps à la politique des grandes réalisations et des grandes réussites.

La Conférence relève aussi, pour s’en préoccuper, le resserrement des contraintes du fait de l’accroissement des effectifs des étudiants, du rétrécissement des moyens affectés aux universités, et de l’irrégularité de la mise à disposition des fonds. Elle marque en même temps sa préoccupation sur l’évolution contradictoire entre la nécessité d’une projection stratégique vers l’avenir, et celle des moyens mis à la disposition de l’Université, au moment où elle doit amplifier sa capacité à fournir au  pays le capital humain nécessaire à son développement.

Face à cette situation, la Conférence pense qu’il est urgent d’entreprendre une démarche auprès de la plus Haute autorité de l’Etat, aux fins  d’obtenir un appui pour une mise en cohérence du rôle de l’Université comme levier stratégique, et les grandes orientations définies pour l’évolution du Cameroun.

La Conférence marque sa préoccupation par rapport aux déviances observées dans l’enseignement supérieur privé, tendant à la marchandisation de l’éducation au moment même où l’exigence d’assurance-qualité devient la norme de fonctionnement et de crédibilité de l’Enseignement Supérieur, ainsi que l’a réaffirmé la Deuxième Conférence générale de l’UNESCO.

Par ailleurs, la Conférence invite la Tutelle à prendre des mesures urgentes  et appropriées pour  assurer une application rigoureuse des dispositions réglementaires régissant l’Enseignement Supérieur, de manière à en garantir la qualité, dans l’intérêt  des étudiants, des parents, et de toute la société.

Sur le recrutement des Enseignants du Supérieur dans le cadre des 25 000 emplois créés par le Chef de l’Etat.

La Conférence, après avoir entendu l’exposé du Représentant du Ministère de l’Enseignement Supérieur sur le recrutement dans le cadre des 25 000 postes créés par le Chef de l’Etat dans la Fonction Publique et les modalités de prise en charge dans les Institutions universitaires de ces personnels, prend acte des 727 postes dont les dossiers seront transmis aux Universités. Malgré tout, elle exprime sa très vive préoccupation sur le fait que le processus mis en œuvre ait été mené totalement en marge de la réglementation en vigueur, et notamment des dispositions du décret n°93/035 du 19 janvier 1993 portant Statut Spécial des personnels de l’Enseignement Supérieur.

Elle déplore aussi que les besoins tels qu’exprimés par les Universités n’aient pas été pris en compte dans leur globalité, et que les besoins spécifiques liés en particulier à la mise en fonctionnement de nouveaux Etablissements et des nouvelles filières, ne puissent être satisfaites, toutes choses qui risquent si des mesures correctives n’étaient prises, de compromettre la mise en œuvre des objectifs du Gouvernement relatifs à la diversification, à la qualité de l’offre de formation, ainsi qu’à la capacité des universités à remplir la mission d’appui au développement.

Dans le même ordre d’idée, la Conférence recommande fortement qu’il soit envisagé la mise à la disposition urgente des Institutions universitaires d’au moins 1000 postes, qui devraient être pourvus conformément aux procédures réglementaires en vigueur, régissant le corps des personnels de l’Enseignement Supérieur.

La Conférence entreprendra à cet effet et en étroite concertation avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur, des démarches appropriées auprès de la Haute hiérarchie en charge de la mise en œuvre de la décision de recrutement prise par le Chef de l’Etat.

Sur les préparatifs de la mission d’études des Chefs des Institutions Universitaires au   Brésil.

La  Conférence après avoir entendu le Président de la Conférence des Recteurs sur l’historique et l’opportunité d’une mission des Chefs des Institutions Universitaires au Brésil d’une part, et le Représentant du Ministre de l’Enseignement Supérieur sur les centres d’intérêts autour desquels pourrait s’articuler la coopération entre les universités camerounaises et brésiliennes d’autre part, marque sa pleine adhésion quant à l’opportunité de cette mission dont les retombées potentielles contribueraient non seulement à la consolidation de l’offre de formation  et de la production scientifique dans nos universités, mais aussi à l’accroissement des capacités de l’Université à assurer la mission d’appui au développement à travers l’amplification des relations avec les entreprises. La Conférence confirme de ce fait son intérêt pour cette mission au Brésil et engage les diverses institutions à la préparer de manière à en maximiser les chances de succès. Elle demande à chaque Institution universitaire de préparer une fiche technique qui sera tenue au Président de la Conférence, au plus tard le 30 novembre 2011, lequel reçoit mandat de préparer un document de synthèse qui sera validé par les universités par voie de consultation, et soumis à la sanction du Ministre de l’Enseignement Supérieur et du Ministre des Relations Extérieures.

Sur la Gouvernance financière et les problèmes infrastructurels

En ce qui concerne la gouvernance financière, la Conférence relève que les problèmes se posent à un double niveau : d’abord en termes de volume des ressources dédiées aux universités pour l’investissement et pour le fonctionnement, ensuite, en termes de mise à disposition effective de ces ressources.

S’agissant du volume des ressources, la Conférence marque sa vive préoccupation devant  la tendance nette à la réduction des moyens financiers, tant en terme nominal qu’en valeur réelle. Cette réduction affecte particulièrement les crédits d’investissement, au moment même où les attentes vis-à-vis de l’Université se font de plus en plus pressantes, en cette période où le Chef de l’Etat vient de définir les objectifs stratégiques dont dépend l’émergence du Cameroun, et pour la réalisation desquelles les universités doivent jouer un rôle de premier plan.


Pour ce qui est du fonctionnement, la Conférence relève  que le statu quo observé depuis plusieurs années se traduit dans les faits par une réduction en valeur réelle des crédits de fonctionnement, en dépit de la croissance des effectifs, des exigences de la mise en place du LMD et de la mise en fonctionnement de nouveaux établissements dans les diverses institutions universitaires.

La Conférence appelle l’attention des Hautes autorités de l’Etat sur l’urgence d’une révision des clés de répartition, pour un accroissement substantiel aussi bien des crédits d’investissement que des moyens de fonctionnement. Dans cette perspective, elle prend acte et appuie les efforts et les démarches du Ministère de l’Enseignement Supérieur pour un plaidoyer pour l’accroissement des ressources de fonctionnement et d’investissement des universités.

S’agissant de la mise à disposition effective des ressources, la Conférence exprime sa vive préoccupation d’une part par rapport au rythme de déblocage des crédits, et d’autre part par rapport aux conséquences observées sur le terrain par les universités quant à la mise en œuvre du principe du compte unique. Ceci se traduit par le fait que les Chefs des Institutions universitaires se trouvent dans l’incapacité de définir les priorités en ce qui concerne l’utilisation des ressources, le suivi de la traçabilité des mouvements des fonds et le règlement des dépenses, alors même que leur responsabilité reste entière dans le fonctionnement de l’Institution, et par rapport à l’obligation d’en répondre en cas de crise ou de tension.

Sur les Jeux Universitaires

La Conférence réaffirme la position convergente des Institutions Universitaires sur la nécessité de maintenir le statu quo en ce qui concerne la formule des Jeux Universitaires, eu égard au surcoût et aux perturbations du calendrier académique qu’implique la formule à phase éliminatoire. Elle marque sa préoccupation devant le développement des pratiques déloyales observées d’une édition à l’autre des Jeux, se traduisant en particulier par le nomadisme des athlètes pour des raisons pécuniaires, ainsi que par des pratiques déviantes de certains arbitres et officiels, mettant en cause les efforts déployés par les Institutions ainsi dépouillées pour assurer la formation des athlètes, sans que celles bénéficiaires se préoccupent d’investir pour améliorer les performances jusque-là obtenues par l’athlète. Enfin, la Conférence suggère que la Fédération Nationale des Sports Universitaires (FENASU) remette en vigueur les dispositions concernant le transfert des athlètes.

Sur l’évaluation des Universités camerounaises

La Conférence propose que le problème de l’évaluation de celles-ci soit un point central de l’ordre du jour de la prochaine rencontre des Chefs des Institutions universitaires publiques du Cameroun.